L’écriture inclusive — le point médian, la féminisation des noms de métier, les formulations neutres — divise la société francophone. Plutôt que d’ignorer le sujet ou d’imposer une position, le cours de français au secondaire peut en faire un débat constructif qui développe l’esprit critique, l’argumentation et la connaissance de la langue.
Pourquoi ce sujet en cours de français ?
| Raison | Lien programme FWB |
|---|---|
| C’est un sujet de langue | Grammaire, vocabulaire, registres |
| C’est un sujet de société | Citoyenneté, vivre ensemble |
| Ça divise = matière à débat | Argumentation, esprit critique |
| Ça évolue | La langue est vivante — le programme le reconnaît |
« La langue n’est pas un monument figé. Elle est un outil vivant qui reflète la société. »
Les positions en présence
| Position | Arguments |
|---|---|
| Pour l’écriture inclusive | Visibilise les femmes, modernise la langue, reflète l’égalité |
| Contre l’écriture inclusive | Complexifie la lecture, rompt avec la tradition, illisible à voix haute |
| Position intermédiaire | Féminiser les métiers oui, point médian non — adapter selon le contexte |
Exercices pédagogiques
1. Le débat structuré (1 séance)
Thème : “Faut-il imposer l’écriture inclusive dans les textes officiels en Belgique ?”
- 2 camps + 1 groupe “jury”
- Chaque camp prépare 3 arguments
- Débat structuré avec temps de parole
- Le jury vote — non pas sur la “bonne” réponse, mais sur la qualité des arguments
2. La réécriture (1 séance)
Prendre un texte classique (Hugo, La Fontaine) et le réécrire en écriture inclusive. Discussion : le texte est-il meilleur ? Pire ? Différent ? L’exercice montre concrètement l’impact sur la langue.
3. L’enquête linguistique (projet sur 2 semaines)
Les élèves enquêtent : “Comment écrit-on dans notre école ? Dans les médias ? Dans les textes officiels belges ?”
- Collecter des exemples
- Classer (inclusif / non inclusif / entre les deux)
- Présenter les résultats à la classe
4. L’analyse de texte engagé
Analyser un texte d’Angèle (“Balance ton quoi”) ou un discours féministe — en lien avec le spectacle du Théâtre des Poètes qui inclut Angèle et Stromae dans son répertoire. Le spectacle vivant donne un ancrage concret au débat.
Ce que le programme FWB dit
La FWB recommande la féminisation des noms de métier (une auteure, une professeure) mais n’impose pas le point médian. Le programme encourage l’adaptation au contexte et le développement de l’esprit critique — le débat sur l’écriture inclusive est un exercice idéal pour ces objectifs.
Les pièges à éviter
| Piège | Solution |
|---|---|
| Imposer une position | Présenter les deux côtés avec équité |
| Moraliser | Laisser les élèves se forger leur propre opinion |
| Simplifier | Le sujet est complexe — respecter cette complexité |
| Ignorer | Les élèves en entendent parler — mieux vaut en discuter en classe |
Au programme FWB
| Compétence | Ce que le débat sur l’écriture inclusive travaille |
|---|---|
| Lire | Lire des textes inclusifs et non inclusifs, comparer |
| Écrire | Réécriture, argumentation, registres |
| Parler | Débat argumenté, prise de position |
| Écouter | Écouter les arguments de l’autre camp |
L’écriture inclusive n’est pas un sujet “polémique à éviter”. C’est un sujet de langue vivante qui, bien encadré, développe exactement ce que le programme demande : esprit critique, argumentation et maîtrise de la langue.