Écoles

Écriture inclusive en cours de français : le débat qui enrichit les cours au secondaire

L'écriture inclusive divise. Comment en faire un débat constructif en cours de français au secondaire ? Positions, exercices et liens avec le programme.

· 3 min de lecture
Écriture inclusive en cours de français : le débat qui enrichit les cours au secondaire

L’écriture inclusive — le point médian, la féminisation des noms de métier, les formulations neutres — divise la société francophone. Plutôt que d’ignorer le sujet ou d’imposer une position, le cours de français au secondaire peut en faire un débat constructif qui développe l’esprit critique, l’argumentation et la connaissance de la langue.

Pourquoi ce sujet en cours de français ?

RaisonLien programme FWB
C’est un sujet de langueGrammaire, vocabulaire, registres
C’est un sujet de sociétéCitoyenneté, vivre ensemble
Ça divise = matière à débatArgumentation, esprit critique
Ça évolueLa langue est vivante — le programme le reconnaît

« La langue n’est pas un monument figé. Elle est un outil vivant qui reflète la société. »

Livre de poésie ouvert

Les positions en présence

PositionArguments
Pour l’écriture inclusiveVisibilise les femmes, modernise la langue, reflète l’égalité
Contre l’écriture inclusiveComplexifie la lecture, rompt avec la tradition, illisible à voix haute
Position intermédiaireFéminiser les métiers oui, point médian non — adapter selon le contexte

Exercices pédagogiques

1. Le débat structuré (1 séance)

Thème : “Faut-il imposer l’écriture inclusive dans les textes officiels en Belgique ?”

  • 2 camps + 1 groupe “jury”
  • Chaque camp prépare 3 arguments
  • Débat structuré avec temps de parole
  • Le jury vote — non pas sur la “bonne” réponse, mais sur la qualité des arguments

2. La réécriture (1 séance)

Prendre un texte classique (Hugo, La Fontaine) et le réécrire en écriture inclusive. Discussion : le texte est-il meilleur ? Pire ? Différent ? L’exercice montre concrètement l’impact sur la langue.

3. L’enquête linguistique (projet sur 2 semaines)

Les élèves enquêtent : “Comment écrit-on dans notre école ? Dans les médias ? Dans les textes officiels belges ?”

  • Collecter des exemples
  • Classer (inclusif / non inclusif / entre les deux)
  • Présenter les résultats à la classe

4. L’analyse de texte engagé

Analyser un texte d’Angèle (“Balance ton quoi”) ou un discours féministe — en lien avec le spectacle du Théâtre des Poètes qui inclut Angèle et Stromae dans son répertoire. Le spectacle vivant donne un ancrage concret au débat.

Scène de théâtre

Ce que le programme FWB dit

La FWB recommande la féminisation des noms de métier (une auteure, une professeure) mais n’impose pas le point médian. Le programme encourage l’adaptation au contexte et le développement de l’esprit critique — le débat sur l’écriture inclusive est un exercice idéal pour ces objectifs.

Les pièges à éviter

PiègeSolution
Imposer une positionPrésenter les deux côtés avec équité
MoraliserLaisser les élèves se forger leur propre opinion
SimplifierLe sujet est complexe — respecter cette complexité
IgnorerLes élèves en entendent parler — mieux vaut en discuter en classe

Rideau de théâtre et lumière

Au programme FWB

CompétenceCe que le débat sur l’écriture inclusive travaille
LireLire des textes inclusifs et non inclusifs, comparer
ÉcrireRéécriture, argumentation, registres
ParlerDébat argumenté, prise de position
ÉcouterÉcouter les arguments de l’autre camp

L’écriture inclusive n’est pas un sujet “polémique à éviter”. C’est un sujet de langue vivante qui, bien encadré, développe exactement ce que le programme demande : esprit critique, argumentation et maîtrise de la langue.

Articles liés